Voitures thermiques après 2035 : votre modèle va-t-il vraiment survivre ?

Alors que l’on pensait les voitures thermiques condamnées à disparaître à l’horizon 2035, un retournement de situation relance le débat. L’Union européenne vient de revoir sa copie, laissant entrevoir un avenir – partiel mais réel – pour ces moteurs à combustion. Votre voiture essence ou diesel pourra-t-elle encore rouler ? Et surtout, les constructeurs miseront-ils vraiment sur ce sursis ?

Une interdiction adoucie : que change la nouvelle règle ?

Jusqu’à récemment, l’interdiction de vendre des voitures neuves à moteur thermique à partir de janvier 2035 semblait définitive. Mais sous la pression de certains pays comme l’Allemagne et l’Italie, l’Europe a décidé d’assouplir cette législation. Résultat : les moteurs à combustion pourraient rester autorisés sous certaines conditions strictes.

La clé de cette réforme ? Une nouvelle approche fondée non sur le type de motorisation, mais sur les émissions de CO2 à l’échappement. L’objectif est désormais une réduction de 90 % des émissions par rapport à 2021. Cela revient à plafonner les rejets à environ 11 g/km, contre une neutralité initialement prévue.

Quels véhicules thermiques pourront rester sur les routes ?

Avec des limites aussi strictes, seuls certains types de véhicules thermiques pourraient passer entre les mailles du filet. Les constructeurs devront redoubler d’ingéniosité pour respecter ces nouvelles règles sans basculer totalement vers l’électrique.

Voici les solutions envisagées :

  • Hybrides rechargeables : ils combinent un moteur thermique et une batterie électrique, ce qui peut aider à limiter les émissions.
  • Véhicules à autonomie étendue (EREV) : le moteur thermique ne fait que recharger la batterie, il n’entraîne pas directement les roues.
  • Utilisation de carburants alternatifs : comme les biocarburants, les e-carburants ou encore l’hydrogène, moins polluants que les carburants fossiles traditionnels.
  • Piles à combustible : fonctionnant souvent à l’hydrogène, ces moteurs génèrent de l’électricité avec zéro émission à l’échappement.
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Mais ces technologies ne rentrent dans les clous que si les émissions globales moyennes de chaque gamme respectent le plafond fixé. Sinon, attention aux pénalités : 95 euros d’amende par gramme de CO2 excédentaire par véhicule.

Quel volume de voitures thermiques après 2035 ?

Combien de voitures thermiques survivront réellement à cette échéance ? Cela dépendra des choix technologiques, mais aussi des marges d’adaptation que chaque constructeur pourra se permettre. Et là, les chiffres commencent à parler.

Selon une analyse interne de la Commission européenne, 30 à 35 % des ventes de voitures neuves en Europe pourraient encore être des moteurs thermiques ou hybrides après 2035.

Voici un aperçu des différentes projections :

  • Hydrides rechargeables et EREV : pourraient représenter plus de 10 % du marché si utilisés intelligemment.
  • Approche purement thermique : limitée à environ 10 % du marché.
  • ONG Transport & Environment : jusqu’à 50 % de parts de marché pour les véhicules EREV, avec environ 22 g/km d’émissions moyennes.
  • Part des véhicules non électriques juste après 2035 : autour de 20 %, avec une baisse progressive prévue dans les années suivantes.

La flexibilité actuelle peut ainsi se comparer à un « sac à dos carbone ». Les constructeurs peuvent y mettre les solutions qu’ils souhaitent, tant que la moyenne globale respecte les normes de CO2.

Faut-il encore acheter un moteur thermique aujourd’hui ?

Vous vous demandez peut-être : est-ce que ça vaut le coup d’acheter une voiture essence ou diesel neuve aujourd’hui ?

La réponse dépend de vos besoins, de votre budget et de votre sensibilité à l’environnement. À court terme, ces voitures continueront de circuler sans problème. Mais à moyen et long terme, la revente pourrait être moins avantageuse si les normes continuent de se durcir.

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Néanmoins, la bonne nouvelle, c’est que les moteurs thermiques ne seront pas totalement bannis. Si l’on mise sur l’innovation et les carburants moins polluants, votre voiture pourrait encore avoir de beaux jours devant elle.

En résumé : un avenir partiel, mais possible

Face à cet allègement des règles, les constructeurs ont désormais un peu plus de liberté. Mais attention, cette liberté est encadrée. Si votre modèle est bien conçu, utilise des carburants propres ou limite fortement les émissions, il pourrait continuer à rouler après 2035.

Un pari complexe, mais pas impossible. Dans tous les cas, la transition vers une mobilité plus propre reste bien engagée. Les essences et diesels devront s’adapter ou disparaître progressivement.

Alors, votre voiture survivra-t-elle ? Tout dépend de son moteur… et de l’intelligence des choix technologiques à venir.

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Lucie D.
Lucie D.

Passionnée de mécanique et d'automobile, Lucie partage son expertise sur les pièces récupérables de voiture. Avec une formation en ingénierie automobile, elle est toujours à la recherche de bonnes affaires et de conseils pratiques.